Histoire d’un média de divination: les cartes à jouer.

De nos jours beaucoup de formes de -simulation de-  « divination » utilisent un support matériel (café, boule de cristal…) mais aucune ne remplacera l’impact symbolique d’une carte. Voilà pourquoi le premier outil d’un medium, de façon générale, est un jeu de tarots. La voyance l’utilise, le mentalisme également.

Pour le mentaliste moderne, il s’agira d’un jeu de 52 cartes ordinaires, car il peut utiliser en toutes circonstances pour effectuer des démonstrations, au domicile d’amis par exemple, en se servant de leur propre jeu.

Dans la série The Mentalist, Patrick Jane ne s’en prive pas. Jean Pierre Vallarino, un seul français primé mondialement en cartomagie, m’a toujours dit: « même en travaillant 12 heures par jour, il faudrait plus de trois vies pour tout savoir des cartes ». Ce n’est pas faux.

Commençons donc par la base. D’où viennent elles ?

Sans cette connaissance basique, il est impossible d’élaborer une démonstration de divination crédible. Il est illusoire de penser sentir un objet que l’on compte utiliser pour mystifier autrui sans connaître l’origine de ce dernier.

Et justement, cette genèse a été fort discutée par le passé. On retrouve les premières traces de cartes à jouer au XIV siècle, dans les pays soumis à Venise. La fabrication des premières cartes françaises est attribuée à Jacques Gringonneur, qui réalisa pour le Roi Charles VI un jeu dont une partie a été retrouvée. Mais les cartes réalisées par ce peintre étaient relativement différente des notres, et ressemblaient beaucoup à des tarots.

Le jeu classique se composait de 21 atouts, d’un fou, de 4 reines, 4 cavaliers, 4 valets, 4 points de l’as au Dix.
Les couleurs françaises (pique, coeur, trefle et carreaux), apparaissent au milieu du XV siècle. On les a retrouvées dans un jeu cette fois ci réalisé pour Charles VII comportant des figures différentes que celles utilisées de nos jours. D’après de nombreuses sources:

–  le Roi de Pique, « David », représente Charles VII menacé par son fils Louis XI.

–  la Dame de trègle « Argine » est une illustration de Régine, Reine d’Anjou, femme de Charles VII

– la Dame de Carreau « Rachel », représente Agnès, Sorel et Judith

– la Dame de Coeur, Isabeau de Bavière, femme de Charles VI.

Les Valets représentent Ogier et Lancelot (deux compagnons de Charlemagne), puis, Hector de Gallard et Lahire, (deux capitaines de Charles VI)

Chaque couleur renvoyait également à une signfication ou à une classe:

Pique = une arme / les militaires
Carreau = une arme / les marchands, banquiers
Trèfle = la garde d’une épée / agriculteurs
Coeur = bravoure / clergé

Il est évident qu’en raison de la forte connotation monarchique de l’ensemble, lors de la Révolution, beaucoup tentèrent de remplacer les Rois, Reines et les Valets. Mais le symbole perdurera, et malgré quelques tentatives infructueuses, fut restauré sous l’empire. De cette époque à 2010, les cartes à jouer sont monarchiques et le restent.

Néanmoins, muni de ces informations, une divination de carte, ou l’utilisation d’une carte pour effectuer une lecture à froid sur un individu (cold reading = simulation de voyance) ne peut que vous servir, d’une façon ou d’une autre, pour « enrober »  votre propos.

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