Un peu d’histoire: médiums et mentalisme.

Beaucoup de sorciers de naguère utilisaient les techniques employées aujourd’hui par les mentalistes modernes. Ainsi, ils avaient notamment recours à des techniques de fakirisme, de divination, voire, tout simplement, de manipulation. En 2006, Derren Brown, dans une démonstration télévisée, s’est livré à une expérience de fakirisme sur la personne de Robbie Williams, je vous laisse apprécier. Les techniques employées sont ancestrales, mais le résultat toujours spectaculaire:

Dès le III ème siècle avant Jésus Christ, des textes mentionnent l’existence d’un magicien nubien du nom de Séosir, qui parvenait à lire des textes écrits sur des papyrus scellés. (Y. Koenig: « Magie et magiciens dans l’Egypte ancienne », Pugmalion, Paris, 1994).  Cinq cents ans plus tard, un philosophe satiriste syrien, Lucien de Samosate, décrivit dans son oeuvre Les amis du mensonge ou L’incrédule, certains des procédés utilisés par de faux prophètes pour décacheter secrètement des billets déposés par des fidèles avant la fermeture du temple. Par cette oeuvre, Lucien de Samosate vise à ridiculiser les philosophes convaincus par les phénomènes paranormaux. Goethe s’en inspira notamment  pour son poème L’esprit Sorcier (1797). De la même façon, Lucien de Samosate, que l’on peut considérer comme l’un des premiers « sceptiques » connus, expliquait aussi comment les Oracles parvenait ensuite à s’introduire discrètement dans le temple pour prendre connaissance des messages des fidèles, et y apporter une réponse.

Plutarque, pour sa part, ne croyant pas non plus au surnaturel présenté par les médiums d’antan, nous raconte une histoire, à travers la plume de De Le Fontenelle, dans son ouvrage Histoire des Oracles, Paris, Brunet, 1707. C’est ainsi que l’on apprend l’anecdote suivante: un gouverneur de Cilicie envoie un espion porteur d’un billet scellé à un oracle. Le serviteur s’endort dans le sanctuaire destinataire afin de vérifier que personne n’ouvre le billet pendant la nuit. Contre toute attente, l’oracle consulté, le lendemain, répond à la question contenue dans le billet.

Il répondit: « noir ». La question était: « immolerais je un boeuf blanc, ou un boeuf noir ? » En apprenant cela, le gouverneur fut définitivement convaincu de l’exactitude de l’oracle. Nul ne sait comment l’oracle pris connaissance du texte. Cependant, bien des chefs militaires furent abusés ainsi. Tel fut le cas du sénateur romain d’origine gauloise Sedatius Severianus de Cappadoce, qui pénétra ampli de confiance en Arménie pour rétablir le protectorat romain, en 161. Cette victoire  lui avait été promise par un oracle de Glycon.

Magie des oracles……Sedatius subiut une terrible défaite et se suicida sur le champ de bataille.

Au Moyen Age, les subterfuges étaient encore plus grossiers. Mais tellement efficaces. Etienne de Bourbon nous raconte ainsi comment un devin découvrit une méthode ingénieuse en construisant deux maisons attenantes. Dans l’une dans être vivait sa famille. Dans l’autre, lui. La famille du devin avait pour fonction de rameuter les âmes en peine et de leur offrir l’hospitalité. Bien sûr, en cachant les liens de parenté qu’elle entretenait avec le mystique. Puis, le temps passant, elle conseillait à l’âme en peine l’intervention d’un tiers, d’un « voyant », susceptible de le guérir de bien des maux. Naturellement, le voyant connaissait jusqu’à la moindre habitude du voyageur. Plus encore, il n’hésitait pas à l’observer en train de dormir pour comprendre les rêves de sa cible. Une fois le devin mis en contact avec la cible, le reste n’est que théâtre, et émerveillement. Au Moyen Age, les sorciers pratiquaient donc déjà une forme de hot reading (captations d’informations préalables sans contact avec la cible) et de cold reading (captations d’informations une fois en contact avec la cible).

Plus tard, des artistes ouvertement escamoteurs n’en furent pas moins considérés comme de authentiques sorciers. Tel fut le cas notamment de Hieronimo Scotto, qui opéra à la cour autrichienne de l’archiduc Ferdinand II, entre 1569 et 1582. Nous disposons du témoignage du médecin personnel de l’Archiduc, qui raconte:

« je pensais à un huit de coeur, et Scotto me sorti aussitôt cette carte. Oh miracle ! il fit de même avec dix autres personnes présentes. Quelle cartes voulez vous ? demandez t il. Et vous l’aviez aussitôt. »

Avec quelques simples démonstrations de cartomagie, Hieronimo Scotto eu les faveurs de Ferdinand II, qui finit par lui demander conseils politiques. Quand l’illusion participe à la destinée de peuples……

Je conclurais cette brève par les mots de Dickson, issus de son ouvrage « Médiums, Fakirs, et prestidigitateurs » (Albin Michel, 1927). Dickson connu directement Robert Houdin, au théâtre duquel il se produisit quelquefois.

« Pendant toute ma carrière, voyageant à travers le monde, j’ai suivi les médiums, voyantes, fakirs et Cie, j’ai constaté les trucs employés par eux. J’ai pénétré dans leur milieu pour me documenter. Aucun de leurs secrets ne m’est étranger, aucun de leur trucs ne m’est inconnu. C’est donc armé d’une documentation solide et d’une pratique de longue haleine que je peux aujourd’hui dévoiler au public les procédés employés pour tromper. Je considère que j’accompli un véritable devoir en démasquant les imposteurs; car le résultat de leurs opérations est de répandre de fausses croyances et de conduire les cerveaux débiles à la folie. Afin de répandre, le plus possible, les effets de mes révélations partout et dans tous les milieux, j’ai résolu, en dehors des conférences multiples que j’ai consacrées à cette oeuvre, de les répandre autant par l’écriture que par la parole. (…) En ce qui concerne les médiums, je rappellerai que j’ai jeté un défi à tous ceux qui exercent dans le monde entier de produire devant moi un phénomène réel et que depuis douze ans pas un n’a relevé ce défi. Que chaque fois que l’un d’eux a pu se douter de ma présence, il s’est dérobé avec la plus grande rapidité.

Quant aux magnétiseurs ce sont des charlatans qui se classent en deux catégories:

1/ ceux dits scientifiques qui sont de bonne fois, souvent, mais qui sont mystifiés par leurs sujets:

2/ ceux de théâtre qui, eux, sont des mystificateurs.

Je nie formellement: la transmission de pensée, la double vue, la télépathie, etc…etc…qui ne sont pas des phénomènes, mais des trucs dont ont trouvera l’explication plus loin. »

Les révélations montant crescendo, je vous donne rendez vous sur ce site pour les explications dans peu de temps. Pourquoi pas tout de suite ? Parce que j’aime jouer, tout simplement.

John Bastardi Daumont

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