Reconnaître les techniques d’interrogatoire

Les méthodes que nous présentons aujourd’hui concernent les principales techniques d’interrogatoire, issues d’un manuel récapitulatif lié aux « cours pratiques » d’un corps de police européen.

1.) L’argumentation logique

Dans le cas où la preuve de la culpabilité du suspect a été apportée, l’enquêteur peut choisir de faire appel à ses capacités de rationalisation. Le but recherché en adoptant une pareille attitude est de présenter au suspect un certain nombre de raisons purement logiques pour lui faire comprendre qu’il ressort de son propre intérêt de fournir d’avantage d’informations, et que la seule conduite raisonnable qu’il puisse désormais adopter consiste à coopérer avec la police.

L’enquêteur doit lui tenir ce discours en présentant les choses sur le ton d’une affaire ordinaire et afficher un comportement qui exprime assurance et volonté de mener les choses rondement. Il doit exposer avec neutralité la situation actuelle du suspect et faire comprendre à celui-ci que l’affaire va maintenant évoluer de façon automatique, impersonnelle, en fonction de l’attitude qu’il va décider d’adopter.

Il s’agit bien sur de laisser entendre au suspect qu’il bénéficiera de mesures d’indulgence et qu’il pourra « s’en tirer » plus aisément s’il se monte coopératif.

2.) La compréhension

Si l’enquêteur estime que le suspect ne se montrera pas indifférent à une témoignage de compréhension, il peut décider de faire jouer cette corde sensible. L’interrogatoire sera alors conduit en douceur et laissera place à des expressions de sympathie  pour le sujet qui s’est placé dans une situation semblable. L’enquêteur fera vibrer davantage encore cette corde sensible s’il évoque tout ce qui peut toucher l’affectivité du suspect : son conjoint, ses parents, sa religion, sa carrière, sa santé, etc.

Tandis qu’il parle au suspect, l’enquêteur doit de préférence s’assoir près de lui, voir lui témoigner à l’occasion des marques de compassion en posant sur lui sa main de façon amicale. Ce comportement à pour objet de faire naître chez le suspect des sentiments de culpabilité et d’apitoiement sur soi-même, et l’amener à rejeter sur les autres la responsabilité de ses ennuis..

3.) L’agressivité

La manière agressive se traduit pour l’enquêteur en l’adoption d’une attitude lourde de menaces, laquelle donne l’impression au suspect que celui qui l’interroge nourrit contre lui une solide animosité et se retient de le frapper.

L’observation de cette attitude d’agressivité s’intègre dans une stratégie globale d’interrogatoire, quand les deux enquêteurs affichent un des comportements diamétralement opposés. Dans les cas semblables, celui des deux enquêteurs qui par son attitude fait ressentir de la peur au suspect peut amener ce dernier à se montrer plus coopératif avec l’autre enquêteur, celui qui se montre  plus compréhensif et gentil. C’est le système bien connu du bon et méchant flics.

4.) L’indifférence

Une variante de la conduite d’agressivité consiste pour celui qui interroge à témoigner au suspect une totale indifférence. En l’occurrence, l’attitude de l’enquêteur peut laisser croire au sujet que sa coopération ultérieure n’est nullement souhaitable, mais au fur et à mesure que l’interrogatoire progresse, cette éventualité doit cependant se faire jour.

L’enquêteur doit donner à celui qu’il questionne l’impression que, pour sa part, il préfère le voir sévèrement condamné pour le délit qu’il a commis plutôt que de tenir compte de sa collaboration que celui-ci pourrait éventuellement apporter au déroulement de l’enquête. L’interrogateur fait semblant qu’il ne fait pas grand cas du sort réservé aux protagonistes du dossier.

Là encore, cette tactique reposant sur l’indifférence qu’exploite l’un des deux enquêteurs peut-être juxtaposée à l’attitude diamétralement opposée affichée par son collègue.

5.) « Sauver la face »

Cette tactique consiste pour l’individu chargé de l’interrogatoire à fournir au suspect une « échappatoire » psychologique qui lui permettra de se justifier d’avoir pris part à un délit. Pour cela, l’enquêteur doit faire comprendre, mais sans jamais le formuler explicitement, qu’une prise en compte attentive des raisons qui ont poussé le suspect à agir comme il l’a fait pourrait d’atténuer la part de responsabilité qu’il a prise dans l’activité délictueuse.

En essayant systématiquement d’expliquer les conduites qui ont été celles du suspect jusqu’au moment où il a enfreint la loi, et en faisant de ces conduites les conséquences naturelles de difficultés ou d’ennuis personnels, l’enquêteur tente ainsi d’amener celui qu’il interroge à parler de l’infraction elle-même.

Quelques remarques occasionnelles bien placées au cours de l’interrogatoire ont souvent pour effet de diminuer aux yeux du suspect la part de responsabilité qu’il aura prise dans l’affaire.

6.) Flatter la vanité

Ici l’enquêteur doit jouer sur l’orgueil, l’auto-complaisance du suspect en faisant allusion à l’intelligence requise pour mener à bien les faits incriminés tout en faisant semblant d’être impressionné par le montage d’une telle opération.

Il doit feindre d’afficher un certain respect pour un individu suffisamment astucieux pour assurer la réussite d’une entreprise aussi complexe qu’aventureuse. Cette attitude de flatterie amène parfois un suspect à se glorifier de ses activités illégales et à fournir des détails supplémentaires pour impressionner davantage encore l’enquêteur.

7.) L’exagération

Afin de faire parler un suspect peu enclin à coopérer, l’officier enquêteur peut délibérément exagérer les indices de culpabilité qui peuvent être reconnus contre lui. Il peut par exemple laisser entendre au suspect qu’il sait parfaitement que sa part de responsabilité est beaucoup plus importante qu’elle en à l’air, afin de l’amener à faire l’aveu de ses activités réelles dans le but de ne pas encourir une peine plus lourde.

Il existe bien sûr d’autres méthodes d’interrogatoire que celles que nous venons d’énumérer, qui sont également connues sous d’autres appellations. Ce ne sont là que les principales techniques utilisées. Nous reviendrons prochainement sur le sujet avec une fiche pratique spéciale qui sera consacrée aux méthodes de coercition, de contrainte physique et psychologique.

source : mecanopolis

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