Decryptage de Sherlock Holmes Detective Consultant sur Nice-Provence.info

John_Bastardi-Daumont

Entretien avec John Bastardi-Daumont, jeune auteur niçois, sur son dernier livre « Sherlock Holmes, détective consultant » paru le 9 mai aux éditions de La Martinière.

N.P.I : Bonjour et merci d’avoir accepté cet entretien. Vous êtes avocat pénaliste au Barreau de Nice et venez de publier un nouveau livre consacré à Sherlock-Holmes. D’où vient ce plaisir pour l’écriture ? Quel est votre parcours ?

J.B-D : L’écriture est une passion carnivore. J’ai commencé y prendre goût lors de la rédaction d’un texte destiné à un concours d’éloquence. Il s’agissait d’une comparaison de points de vue à propos de la liberté, entre différents personnages historiques ou mythologiques. Ecrire me plaisait et j’ai eu envie de soumettre des idées de manuscrits à des éditeurs. C’est comme cela que j’ai publié mon premier ouvrage, concernant le personnage de Patrick Jane et ses méthodes de décryptage du mensonge et de dissimulation. Pour cela j’avais appréhendé ses techniques dans différents milieux (illusionnisme, police, banditisme, publicité, renseignement, etc..) (Les secrets d’un mentaliste, Ed. De la Martinière). En 2012 sort le deuxième, basé sur le même style d’approche transversale, mais concernant les méthodes de séduction, d’envoûtement, de conditionnement religieux, sectaire ou politique (Séduction, Attraction : manipulations Ed. De La Martinière). J’aime voir d’un nouvel œil des sujets qu’on pense sans rapport, les interpréter de façon originale. J’ai eu la chance d’être traduit et vendu à l’étranger dès mon premier titre. Ça m’a encouragé à continuer.

N.P.I : C’était semble t-il une bonne idée puisque vous avez déjà publié trois livres. Qu’est-ce qui a amené un jeune auteur niçois à s’intéresser à un détective londonien ?

J.B-D : Mon prénom n’est pas un hasard, il y a un peu de sang britannique chez le niçois, et Sherlock Holmes est une vieille passion. Dès le début de mon premier livre Sherlock Holmes apparaissait comme un prototype évident de personnages comme Patrick Jane, Cal Lightman, Docteur House etc…. L’univers de l’Angleterre victorienne et néo-gothique m’a toujours fasciné. Esthétiquement il me parle, je m’en sens proche. C’est à cette période que sont apparus des personnages hauts en couleur comme Dracula, le Docteur Jekyll et Mr. Hyde, le Professeur Challenger, Frankenstein… C’est en outre une période de bouillonnement de la science, où l’hypnose et le mesmérisme côtoient le positivisme, et où le spiritisme prospère concomitamment à la police scientifique. C’est une époque de paradoxes. D’accélération. D’espérance énorme et de nombreuses désillusions. Comme la nôtre.

Un univers symboliquement très riche marqué par l’apparition de la presse de masse et de la médiatisation du crime. Sherlock-Holmes est une fusion de tout cela. C’est le reflet de cette fin de siècle, une synthèse. Il est le premier des super-héros et Londres est sa Gotham City. Je voulais donc rendre cette ambiance dans ce livre, à la fois graphiquement et dans le texte.

Sherlock Holmes, détective consultantN.P.I : Le livre compte en effet plusieurs centaines d’illustrations. Quels sont les sujets traités dans cet ouvrage ? À quel public est-il destiné ?

J.B-D : Vous savez, tout –et son contraire- a déjà été écrit sur Sherlock Holmes. Ma démarche fut donc de créer une vision panoramique, moderne, précise et accessible. J’avais toujours ces objectifs en tête, pour le texte comme pour la recherche iconographique. Tenter de contenter à la fois l’amateur et le néophyte. J’ai écrit ce livre comme celui que j’aurais aimé posséder lorsque je découvris adolescent Sherlock Holmes, c’est-à-dire une approche globale, un voyage, une étude illustrée sur le personnage lui-même, mais pas seulement. J’ai voulu parler de ses prototypes, de ses rivaux, de ses héritiers, de son apport dans le polar, de ses techniques, de sa méthode, de sa personnalité et de son univers géographique, le tout en prenant en considération son parcours de spectacle, de sa première incarnation théâtrale aux dernières productions cinématographiques et télévisées (Sherlock, Elementary ou les films de Guy Ritchie).

Comprendre pourquoi ce personnage, et pas un autre, est-il sans cesse revisité. Les raisons du succès malgré le temps et les cultures. Par exemple, pas plus tard que ce lundi le Daily Mirror évoquait 69 000 000 de spectateurs chinois pour la saison 3 de Sherlock BBC, alors que la série est censurée en Chine. Ils l’ont suivi sur internet simultanément. 69 000 000. Pourquoi ? Comment tricote-t-on un personnage pareil ? Mon livre répond à ce type de question.

Afin que les lecteurs voyagent, j’ai tenu à ne pas en faire un livre « de bureau » mais de globetrotter. C’est pour ça qu’il m’a pris du temps. 2 ans. Mon activité d’avocat ne me laisse que peu de temps disponible, mais je profitais de moments de libres pour partir en Angleterre, appareil photo en bandoulière, sur la piste de Sherlock Holmes, en rencontrant des holmésiens dans leurs sanctuaires. J’ai longuement parcouru sur lieux clés ayant inspiré Conan Doyle, comme le quartier autour de Regent Street, Baker Street, le Devonshire, ou des endroits historiques comme le Reform Club, qui a inspiré le Club Diogène, repère de Mycroft Holmes. J’avais l’impression de mener une enquête. Les britanniques ont été très collaboratifs dans la recherche. Catherine Cook, de la Sherlock Holmes Society of London, m’a ouvert avec bienveillance les portes du Fonds documentaire de Marylebone, me permettant ainsi de découvrir pendant des jours les publications d’origine tout comme les dernières productions issues de près de 400 sociétés Holmésiennes à travers le monde. Bien sûr je ne pouvais pas tout rendre dans un seul ouvrage. L’holmésologie est trop vaste pour être cernée dans un volume. Des centaines ne suffiraient pas. L’essentiel du travail fut d’essayer de ressentir ce qui comptait vraiment dans la construction de ce mythe sans cesse renouvelé. Isoler les points clés pour que le lecteur sache comment fabrique-t-on un héros de cette envergure. Les coulisses de la création de Holmes sont fascinantes. De même que pour ses rivaux. « Moriarty was real, isn’t it ? »

N.P.I : Quels sont vos prochains rendez-vous ? Projets ?

J.B-D : Je serai présent au salon du livre de Nice les 13, 14 et 15 juin prochains, et le 21 juin prochain à la librairie Masséna d’Antibes, au London French Bookshop en juillet, la date et ainsi que les autres signatures seront annoncées sur mon site internet « jbastardidaumont.com », ou sur ce bon vieux Facebook.

Pour le reste je travaille avec mon éditeur à la diffusion du livre « Sherlock Holmes Detective Consultant » à l’étranger (une sortie en Allemagne se profile pour janvier 2015) et j’ai quelques projets originaux dans les turbines. Mais histoire de conserver la surprise je préfère ne pas en parler pour l’instant.

Sherlock Holmes, Détective consultant
par John Bastardi-Daumont
193 x 260 mm – 216 pages
09 mai 2014 – 9782732461649
32 €

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NICE PROVENCE INFO

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